— Oui ! oui ! vous avez raison, ma chère ! vous avez toujours raison ! mais, si notre enfant était mieux élevé, il n’écouterait pas les conversations à table. »

Jacquot mit le nez dans son assiette.

« A propos de Jacquot, dit Mme Laurenty, hâtivement et pour rompre les chiens, M. Salvert m’a prié de l’excuser, demain, de deux à cinq. Il m’a dit avoir une occupation importante et ne viendra que mercredi. Vous n’y voyez aucun inconvénient, n’est-ce pas Julien ? »

Mais M. Laurenty ne pouvait plus répondre.

Il riait ! il riait d’un grand rire aigre, coupé de hoquets et comme d’un bruit de déchirure ; il riait, renversé sur sa chaise. Bientôt, il se leva en titubant et s’effondra plus loin dans un fauteuil, près de la cheminée : il riait trop pour rester à table ! Son rire variait, tantôt méchant, tantôt large et vraiment joyeux ; il riait sans pouvoir s’en retenir ; il avait été frappé par le rire ; il riait sans mesure.

« Qu’y a-t-il, mon ami ? qu’y a-t-il ? vous m’effrayez ! »

M. Laurenty se serra les joues et dit, d’une voix à peine compréhensible :

« Salvert !… Salvert !… occupation importante ! ah ! ah ! ah !… occupation importante ! voulez-vous savoir ? on me l’a dit au cercle ! ah ! ah ! il va, cet homme grave, il va aux gorges d’Ollioules avec une petite femme ! il manque sa leçon pour aller faire la noce !… ah ! »

Ici, néanmoins, Mme Laurenty se fâcha.

« Julien ! je vous en prie ! Julien ! vous n’y pensez pas ! Julien !