Oh ! il se souvenait ! Son père avait dit, un jour, en fumant son cigare :

« Hélène, on m’en a raconté une bien bonne, au cercle. Il paraît que le petit Soulac est l’amant de Mme Deforge ! »

Jacquot se rappelait la phrase avec précision. Sa mère avait d’abord froncé le sourcil.

« Faites donc attention, Julien ! »

Ça, c’était pour lui. Puis elle avait souri d’un air méprisant.

« Si l’histoire est vraie, elle rend plus ridicule encore son air pimbêche et pudibond. D’ailleurs, je l’excuse : le mari de Charlotte Deforge est si bête !

— Ce n’est vraiment pas une raison, ma chère ! » répondait M. Laurenty avec une grimace ironique.

M. Soulac était donc l’amant de Mme Deforge. Jacquot les connaissait tous deux ; mais, d’autre part, à la cuisine, on avait parlé de M. et Mme Laurenty de la même façon. Julie, la femme de chambre, se servait de ce mot : amant. Tant de phrases encore lui revenaient à l’esprit :

« Je les ai vus s’embrasser. Ils ne se gênaient pas !

« C’est son amant !