Quelqu’un se penchait sur notre table.

« Monsieur N., me dit John Henderson, on vous attend dans les coulisses.

— Tu m’excuses, Papa ?… On m’attend… on m’attend dans les coulisses. »

Ma voix manquerait-elle d’assurance ?

« Vas-y donc vite ! »

Je fus bientôt vêtu. Lola est prête. J’entends les premiers flonflons. Nous entrons en scène. Singulière surprise de ne pas voir une salle vide devant moi.

Et nous dansâmes… Certes, jamais je ne dansai mieux. Je me sentais plein d’entrain, un peu grisé, mais tout à mon affaire, et Lola fut étonnante de grâce dégingandée, de sensualité verveuse, brutale et raffinée, à la fois.

On applaudit, on nous rappelle. Soudain, une fatigue m’envahit, lourde, irrésistible, à l’instant où je salue ces gens qui me regardent… Pourquoi mes jambes sont-elles si molles ? Je viens d’apercevoir là, tout près, à ma gauche, mon père qui bat des mains. John Henderson, assis à côté de lui, rit de bon cœur… Enfin l’épreuve cesse. Oh ! que je voudrais me reposer !… Cette chaise… J’entends au loin la voix de Lola.

« Ça, mon chou, c’est le trac des débuts. Mes compliments : tu as bien dansé. »

Dans la rue, quelques instants après :