— Dans le milieu tranquille où elle se repose le corps et l'âme, elle ne tardera pas à reprendre un parfait équilibre.

— Tu me donneras des nouvelles?

— Bien entendu.

— Je l'aime tant, Gautier!

— Tu l'aimes tant que tu lui rendras la santé physique et morale, après lui avoir rendu le respect d'elle-même. Pour en arriver là, tu t'es courageusement saigné, saigné à blanc. C'est bien, Jacques.

— Mais elle aussi, qui m'aimait tant, m'a rendu l'espoir que j'avais perdu, m'a refait une volonté. Pour en arriver là, elle s'est assez vaillamment mise à la torture.

— Vous avez été braves tous les deux… Ta récompense, tu peux déjà la deviner : Marguerite retrouve une vie normale et simple, la vie qu'elle aurait dû vivre ; toi, tu te composes une vie d'action et de travail, aventureuse, exotique et fantaisiste, tout cela qui est fait pour toi et que ne te promettait pas, je pense, la croisière de Brigneux! Ah! le voyage en Perse se présente autrement!

— Dis-moi, Gautier… entre nous… Marguerite n'a jamais su que je buvais?

— Non, j'en suis certain.

— Ah!… bon… Cela m'aurait été fort désagréable… Et maintenant, au revoir, je rentre chez moi.