— Vous m'emmenez donc en Perse, Sandgate? je ne savais pas!
— Vous m'accompagnez toujours en Perse, Damien? Vous ne m'en aviez rien dit, personnage insupportable!
— Eh! justement! me supporterez-vous? Ne l'oubliez pas : je suis venu faire un stage…
— Un stage d'affection, car on va être désespéré, mon cher! Les enfants perdront un grand ami et je crains que Monsieur Jacques ne remplace souvent l'oncle Edwin dans leurs souvenirs! A mes précédents départs, moi seul, je réunissais tous les regrets.
— Quand partons-nous?
— Désirez-vous rentrer en France pour faire vos malles?
— Autant les acheter et les faire à Londres où, comme vêtements coloniaux, nous trouverons tout ce qu'il faudra. Quant au reste… Non, je ne m'arrêterai pas à Paris. Un ami viendra m'embrasser à la gare. J'écrirai à mon valet de chambre pour qu'il ferme chez moi. C'est un honnête garçon, il s'en chargera fort bien, comme aussi de m'expédier les quelques objets, livres et souvenirs, que j'emporte.
— Nous irons donc à Londres jeudi matin. Ah! je vous promets une dure traversée de la mer Rouge! mais vous avez compris, n'est-ce pas, que retarder de six mois pour un peu plus de fraîcheur dérangerait toute une partie importante de notre voyage?
— A propos, Sandgate, j'ai reçu du musée les papiers que j'avais demandés ; nous les lirons ce soir… Et puis, Sandgate, sans plaisanterie!… vous ne savez peut-être pas le service que vous me rendez!
— Non, je ne le sais pas, cependant on se doute très vite de certaines choses, chez certaines gens… Rentrons, Damien, c'est l'heure du thé, mes parents nous attendent. »