— Il me semble, dit Jacques, que tu m'apprends à t'obéir à toi, avant de m'enseigner l'obéissance à mon autre moi-même!
— Pour ta guérison, je compte beaucoup sur ta mère. Elle aimera mieux souffrir ainsi que te sentir loin d'elle.
— Tu crois qu'elle a des certitudes à mon endroit? Tu crois donc…
— Je crois que tu as de grandes chances de guérir en te soignant toi-même, avec l'aide de ta mère et l'avis occasionnel de ton médecin. Je puis te connaître bien, mais elle te connaît mieux : elle t'a fait.
— J'irai donc, demain, dans l'après-midi. Ah! j'oubliais… Ses dernières migraines ont été un peu allégées ; elles durent moins longtemps, il me semble. C'est grâce à toi. Merci.
— Longeons encore un peu le quai, veux-tu? dit Gautier Brune. Nous regarderons l'eau couler, puis, si un dernier acte de revue t'amuse, je suis de service.
— Je crains, répondit Jacques de m'être montré présomptueux. J'ai le sentiment que mon lit me sera doux.
— Voilà un taxi qui passe, dit Gautier : je te poserai chez toi. »
CHAPITRE IV
BAR NOCTURNE
Damien restait debout, dans l'ombre, devant sa porte ; le taxi de Gautier Brune venait de disparaître au coin de la rue. Damien attendait ; il n'avait pas sonné. Savait-il, au juste, s'il sonnerait, s'il rentrerait chez lui?…