— Comme, sur terre, disait Lautonne, l’être humain garde le souvenir de l’espace azuré…

— Telles, dirent les néréides, nous languissons et nous mourrons de ne plus voir la lumière du jour.

— Comme un poète, disait Lautonne, monte parfois très haut vers Dieu…

— Telle, dirent les néréides, une de nous monte parfois jusqu’aux flots supérieurs et redescend tout éblouie.

— Comme, disait Lautonne, le poète tâche de montrer à l’aveugle foule l’aspect des splendeurs divines et, bien qu’il ne soit point compris, l’élève un peu vers elles…

— Telles, dirent les néréides, nos sœurs bienheureuses viennent nous dire le vent et les ailes sur la mer.

— Comme, disait Lautonne, nous respectons, quand il est mort, le poète qui nous attira quelque peu vers son rêve…

— Telles, dirent les néréides, quand un noyé descend dans les plis de nos algues, bouche à bouche et toute unie à lui par ses bras enlacés, une de nos sœurs va scruter ses prunelles qui, vivantes, surent contempler le jour.

— Comme, sur terre, disait Lautonne, les sources chantent un chant qui fait rêver de Paradis…

— Telle, dirent les néréides, au sein de notre palais pourpre, une fontaine d’air jaillit, qui nous parle d’azur et que nos aïeules nommèrent la fontaine de l’inutile espoir.