— Souffrez, répondit le jeune homme qui rendit à Marsyas son manteau d’épiderme, que je vous offre, en remerciement de votre complaisance, ce glaive, rougi par peu d’exploits, mais qui n’en est pas moins vaillant et loyal.
— Vous êtes bien honnête, dit Marsyas avec un sourire, j’accepte le don et l’apprécie. »
Puis, ils s’en furent dîner. Lassés, ils traînaient la jambe dans les méandres du sous-bois. — Ils s’assirent tous au milieu d’une clairière où, à une longue broche, des oiseaux étaient embrochés. — Un très vénérable satyre tournait la broche en chantant :
« Ivre de raisins et de roses,
« De miel et de pois de senteur,
« Je règle les métamorphoses
« Du petit oiseau migrateur.
« C’est à cause que c’est l’époque des bécassines, bien que ce soit un merle, en l’espèce, dit-il à un satyreau qui l’écoutait avec ravissement. J’eusse pu dire aussi :
« Ivre du parfum d’une rose
« Et des pois de mon potager,