« Vous pouvez lâcher mon bras, je ne chercherai pas à vous échapper. »
Clorinde frotta son genou qu’elle avait un peu froissé dans sa chute.
« C’est encore, à tout prendre, une méprise dans le genre de celle qui vous fit tuer Lautonne. Oui, mon cher ! si je n’avais glissé, vous ne me verriez déjà plus. En bonne justice nous devrions recommencer l’épreuve… Asseyez-vous donc ! vous suffoquez ! »
Sylvius ne pouvait parler ; sa poitrine battait comme un soufflet de forge.
Clorinde poursuivit :
« En somme les événements heureux de votre existence, vos plus belles actions, sont dus à des faux pas que vous ne saviez prévoir.
— Ah ! je te tiens ! murmura Sylvius entre deux soupirs houleux.
— Mais oui, vous me tenez, et comme je ne triche pas au jeu, je me déclare battue, bien qu’ayant encore mille moyens de m’enfuir ; d’ailleurs, vous courez fort bien, je l’avoue sans honte. Et maintenant que voulez-vous faire de moi ? »
Elle frissonna :
« Où habitez-vous ? Rentrons. J’ai froid. »