« Ne parlons plus de cela, Clorinde ! Oui, ces émotions sont un peu vives, je renonce avec plaisir à les éprouver de nouveau. J’y renonce d’autant plus volontiers que je sens le bonheur à portée de ma main. Vois ! le matin est doux, nous sommes entourés de belles choses, laissons-nous vivre !
— Je veux bien ! » dit Clorinde.
A midi, ils déjeunèrent à l’auberge d’une friture et de coquillages. Ils causaient familièrement : on eût dit que toute leur vie ils avaient vécu ensemble. De quoi parlaient-ils au juste ?… De quoi parlent deux vieux époux, le soir, à la chandelle ?
Clorinde était charmante.
Sylvius était heureux.
Vers cinq heures, durant une promenade qu’ils firent sur la plage, le jeune homme ébauchait déjà des projets d’avenir.
« Nous vivrons toujours ainsi, Clorinde, c’est le vrai bonheur ! Nous ornerons notre maison d’étoffes choisies, de meubles profonds et, tout doucement, nous nous regarderons vieillir. Des livres sur les étagères, des tableaux aux murs seront la joie de notre esprit et de nos yeux, et, le soir, parfois, je te conterai nos voyages dont voici aujourd’hui la conclusion. »
Clorinde ne répondit pas, mais sur le front de Sylvius elle mit un baiser.