Il était là, debout, les ailes à demi repliées, majestueux, un peu cambré dans son armure luisante, une main appuyée contre le mur de la maison. Le regard de ses yeux bleus ne se fixait pas, il errait. L’ange attira vers lui la branche du citronnier qui poussait près du seuil et en respira une fleur. Il sourit au parfum.
Derrière lui, l’énorme saphir méditerranéen s’étendait jusqu’aux îles de roche livide.
Sylvius tremblait, plus pâle que la lune.
Sans le regarder, l’ange entr’ouvrit ses lèvres inhumaines et dit d’une voix de cuivre étouffée :
« Sylvius ! Viens à moi ! Je suis Azraël, dernier spectacle des vivants. Viens ! ta vie est close ! »
De sa main gantée il caressait la fleur embaumante.
Un long sanglot creva dans la poitrine de Sylvius qui se dressa brusquement.
« Je vais mourir ! vous dites que je vais mourir ! mais pourquoi ? pourquoi ? — Je suis jeune, j’ai vingt-cinq ans à peine et je ne fais que commencer de vivre ! Pourquoi mourir aujourd’hui ? »
De lourdes larmes roulaient sur ses joues, il donnait tous les signes d’une incrédulité violente et d’un grand désespoir, mais il savait déjà qu’il avait touché l’heure inévitable.
Sur la bouche de l’ange, une moue d’ennui passa et l’ange dit encore :