« Il me semble que j’ai chaud… »

Puis, très vite :

« Oh ! oui ! oui ! oui ! oui ! oui ! j’ai chaud ! très chaud !

— C’est que vous vous tenez sur la bouche du calorifère… dit Sylvius poliment.

— Tiens ! c’est vrai ! oh ! j’ai chaud comme sous un olivier d’Ancyre !… Et point de puits où boire, et point de pluie, et point de prés humides… Ah ! que je suis mal partagée… Rien ! rien ! J’ai si chaud ! »

Elle réfléchit :

« Ah ! je sais ! »

Elle fit un petit geste biscornu et, au même instant, un bourgeon vert parut entre deux de ses orteils. Il grandit ; il s’éleva ; une tige, des feuilles poussèrent ; un bouton s’ouvrit… et ce fut un grand arum lumineux plein de rosée. — Elle cueillit la fleur, en versa l’eau pure sur son épaule, laissa couler le long de sa chair les petites gouttes en riant sous leur caresse, et, comme les petites gouttes roulaient sur les dalles poussiéreuses, elle se jeta à leur poursuite avec des bonds de chatte et des cris de souris.

Le lièvre bondissait après elle, tenant toujours son brin d’avoine. L’épi, plus lourd, penchait à gauche.

La Sibylle, les mains et les genoux salis, secouait le fuseau de son corps.