« J’ai moins chaud, dit-elle. C’est drôle, l’eau qui court ! »
Elle mit le pied sur une chaise, examina l’ongle de son orteil qu’elle croyait froissé et vint s’asseoir, presque majestueuse en ses mouvements, sur les genoux de Sylvius.
« Je suis folâtre ! oh ! oui ! mais ne vous en offensez pas ! Quand on a vu tant de choses, on s’en moque ! »
Prenant le menton de Sylvius, d’un doigt elle montra les traits.
« Joli front ! jolis yeux ! belle bouche… Embrasse-moi !… Non ! non ! voilà Merlin… »
Dans la nef s’avançait un vieillard inattendu, léger et dansant. Sur sa figure rose, beaucoup d’années avaient inscrit des rides. Une admirable chevelure blanche tombait en boucles sur ses épaules et il était coiffé d’un bonnet pointu, cornet d’azur où brillaient des étoiles. Sa robe était ample, à manches larges et toute composée d’églantines fraîches que des liserons reliaient. Chacun de ses pas faisait un son grêle de fêlure, car il était chaussé d’escarpins de cristal blanc. Il tenait à la main une branche de pommier fleuri, marchait obliquement et fredonnait :
« La rose vient d’éclore !
« La fauvette a chanté,
« Tout chante avec l’aurore,
« En attendant l’été,