« La brise est sur la branche,
« Le muguet s’est ouvert
« Et la chemise blanche
« Sèche dans le pré vert. »
Puis il lança en l’air un de ses escarpins qui rebondit comme une sauterelle.
« Bonjour, jeune homme, dit-il en serrant la main de Sylvius… Monsieur Sylvius Persane, je crois ? oui, la marchande d’amours m’a parlé de vous. »
Il caressa la Sibylle.
« Bonsoir, petite ! Tiens ! voici nos amis ! »
Ils se retournèrent. Deux personnes venaient d’entrer. L’une d’elles était une jeune femme vêtue d’une robe en soie verte au tissu de laquelle douze cigognes blanches étaient comprises. Des yeux bridés et petits, une peau de citron clair dénonçaient sa race. Japonaise, cette femme l’était jusqu’en son moindre geste, jusqu’en sa coiffure faite à l’image d’un labyrinthe. Elle portait sur l’épaule un parasol en papier, où un artiste savant, sincère et biscornu avait peint de vives gymnastiques d’amour.
L’homme blond et pâle qui donnait le bras à cette mousmé était en plus simple appareil. Seul un duvet bleu l’habillait et l’on eût dit qu’on l’avait vêtu de plein ciel, qu’il s’était roulé sur des flots méditerranéens, que toutes les choses bleues qui passent dans l’esprit des jeunes filles s’étaient posées contre sa chair. Je ne le décrirai pas davantage. Imaginez-le seulement de teint livide, couvert d’une neige azurée, et de figure fort indécente.