Sans se troubler la petite japonaise reprit :

« … Je me suis assise dans un temple orné de losanges en papier vert, et, depuis lors, j’attends, immobile…

— Regarde, s’écria Merlin, au fond des puits, tu y verras l’anneau de tes fiançailles, mais prends soin de…

— Et depuis lors, j’attends, immobile, que jaillisse hors des eaux le beau dragon Izanakami qui doit me féconder du dernier Dieu…

— Regarde les étoiles ! disait Merlin, apprécie leur scintillement !

— Sois patient ! dit la déesse. Je fus si patiente que je fascinai, pour le donner à la Sibylle d’Ancyre, ce lièvre qui poursuivait sans trêve, une avoine aux dents, le petit démon de la fantaisie, nain rapide, dont la chair est d’or. La patience…

— Le mystère seul…

— Voilà qui est fort bien, dit Sylvius en les interrompant, mais, quand bien même je serais observateur, patient et saurais apprécier le mystère, cela me rendra-t-il poète, héros, génie ? »

Il interrogea du regard les deux déesses et Merlin qui ne répondirent pas à cette question. Disons plus, ils eurent l’air gêné et se retournèrent hâtivement quand le dieu du Vent rentra.

Il paraissait de très méchante humeur. Son duvet bleu était taché de poussière, et, par endroits, de boue. Il portait dans ses bras un corps que Sylvius vit mal, ou plutôt dont il ne vit que la chevelure, rousse et mêlée.