Le dieu du Vent s’approcha.

Sylvius prévoyait qu’il allait se passer quelque chose, et pourtant il était distrait, intéressé surtout par un chien galeux et maigre qui venait d’entrer dans le Panthéon à la suite du dieu et semblait vouloir chercher noise au lièvre de la Sibylle.

Les quatre dieux s’étaient assis. L’homme bleu avait déposé son fardeau. La lumière avait diminué comme par enchantement. On ne voyait plus que la tête rousse prosternée devant Merlin et les visages des divinités qui brillaient par eux-mêmes.

Puis on entendit la voix de Merlin :

« Couronnons ce poète ! que les balbutiements d’Orphée trouvent sur sa bouche un léger écho ! Déesses et dieux, faites-lui vos présents, et toi, dieu du Vent, inspire-le d’un souffle poétique, modéré mais sensible ! »

Il ajouta sur un ton bourru :

« Poète ! sois touché par le mystère !

— Sois patient ! » dit la japonaise avec une grimace de dépit.

Et la voix de la Sibylle s’éleva comme le chant d’une flûte alexandrine :

« Observe bien ! »