Elle accompagna ces deux paroles d’un geste de mauvaise humeur.
Le dieu du Vent se pencha, souffla vaguement sur les cheveux roux et tourna le dos.
Ce fut tout.
Sylvius écoutait à peine, cela le laissait indifférent… Le chien galeux poursuivait toujours le lièvre. Merlin l’Enchanteur vérifiait le timbre de ses escarpins en les choquant l’un contre l’autre. La déesse de la Longévité s’amusait à s’asseoir dans sa jupe et la Sibylle courut sauver du trépas Podas Okus poursuivi.
Puis, ils s’apprêtèrent à partir. Chacun d’eux saluait Sylvius, en passant, d’un petit geste amical.
« Comme vous êtes gentils ! » murmura le jeune homme humblement…
Il arrêta le dieu du Vent :
« Soufflez un peu sur moi s’il vous plaît ! J’ai si envie d’être…
— D’être poète ! pensez-vous ! dit le dieu, narquois. Il y en a bien assez d’un pour aujourd’hui ! J’espère qu’on ne nous dérangera plus ! Le monde ne saurait marcher sans les poètes, paraît-il ! Ah ! misère ! Regardez-le sortir, « le nouvel Orphée » avec son chien galeux ! Quelle tournure ! »
Sylvius regarda vers la porte, mais il ne vit que la queue du chien.