Y a-t-il vraiment autour de lui une ville vivante pleine de bourdonnements et de cris ? Rien ne la révèle, et si, par aventure, quelque clameur du dehors, plus puissante que les autres, arrivait jusqu’à cette demeure, la voix têtue des orgues la noierait.
Il se perd dans le labyrinthe dessiné par les colonnes. Bientôt, il ne saura plus par où il est entré. Des portes obscures se sont fermées derrière lui, secrètement. Un murmure d’invocations, l’encens, la splendeur des lignes, le troublent d’un léger vertige.
Il ne voit plus le jour ; on l’a caché, comme si le ciel lui-même était profane et pouvait distraire un suppliant par des figures de nuages. L’air est coloré par le cœur des anges qui saigne sur les verrières.
Sylvius sentit toutes ces choses. Ses pas résonnaient contre les dalles. Il n’osait regarder à terre, ni à droite, ni à gauche, et son âme en était réduite à s’élever suivant les piliers probes et purs. Sylvius était investi par un seul désir : Sylvius voulait voir Dieu.
Or, il advint ceci d’étrange qu’il le vit.
Les flammes des cierges montaient comme de petites prières et Sylvius penchait la tête, comme si quelque main se fût posée sur ses cheveux.
C’est alors que, devant lui, et descendant les marches de l’autel, il aperçut le Christ.
Son aspect était celui d’un jeune ouvrier, vêtu comme dans les tableaux italiens. Son torse mince le faisait paraître de haute taille. Il avait une expression douce et reposée.