Il enleva son feutre et découvrit une épaisse et hargneuse broussaille de cheveux roux, puis, désignant le chien dont il était accosté :
« Amadis, dit-il, mon compagnon, mon ami, mon attribut ! »
Et, se montrant lui-même :
« Vincent Lautonne, poète lyrique… et à qui ai-je l’honneur ?… »
Sylvius ne riait pas, il n’avait guère envie de rire… Il balbutia son nom… Mais… mais… attendez donc ! ces cheveux roux… oui, c’était bien cela !… et la phrase qu’il venait de dire :
« J’ai du génie depuis un mois ! »
Depuis un mois !… comment !… Oh ! Oh ! c’était donc ce gnome repoussant que les dieux avaient sacré !
La colère cingla Sylvius comme une cravache, et, dès cet instant, oui, dès cet instant même, Sylvius Persane, amateur éclairé, se prit à haïr le poète Vincent Lautonne.
« Venez-vous ? »
Sylvius sourit.