« Monsieur Lautonne ?

— C’est bien ici… Dernier étage… Essuyez vos pieds… »

Se pencher sur un cristal de source donne l’envie d’y boire, et, dès l’instant où, vers midi, Sylvius se fut éveillé, il ne désira rien tant que se retrouver en présence de cette muse qu’il chérissait déjà, croyait-il, d’un si puissant amour. S’étant fatigué l’esprit à composer des stratagèmes qui le rapprocheraient de la belle enfant, et n’en ayant point trouvé d’efficaces, il résolut d’aller chercher l’idole dans son temple, le parfum dans son calice… Clorinde chez Lautonne.

Il avait gravi les sept étages ; s’arrêta pour souffler, puis, frappa à la petite porte.

« Entrez !… Ah ! c’est vous ! »

Lautonne était seul, assis à sa table de travail. Dans la chambre régnait toujours un désordre puissant. Au bouton de la fenêtre une jupe de femme pendait.

« Je vous dérange !… Vous travaillez ?…

— Vous ne me dérangez pas, et je travaillais à peine. Souffrez d’ailleurs que, sans plus tarder, je vous fasse mon baise-main pour les attentions providentielles que vous eûtes, hier soir, à mon endroit. »

Déjà Sylvius affirmait que ce n’était point un service qui méritât d’être reconnu, mais Lautonne insistait :

« Si ! si ! tout autre que vous m’eût laissé choir au ruisseau… »