— Ah ! très bien ! murmura Sylvius, tu es ma muse ? du diable si je l’imaginais ainsi !… et tu te nommes Chrysolet ?…

— Oui, Chrysolet, C, H, R, Y… Laisse-moi m’asseoir dans ta main. Là ! je suis à mon aise. Oh ! regarde ce nuage qui se dévide !… et ce papillon, ici !… Est-il assez jaune ! hein !… Allons nous promener !

— Nous ferons mieux, dit Sylvius gravement, nous allons partir en voyage.

— Où donc ? loin ? au nord ? au midi ?

— Je ne sais pas. Cela dépendra.

— Oh ! je veux tout voir ! Les Turcs et les Lapons et les Indiens et les gens qui s’habillent avec des peaux de bêtes, et ceux qui ne s’habillent pas, et les femmes d’hier, et les femmes de demain !…

— Quel drôle de petit corps tu fais !…

— Comment ! tu ne te connais pas toi-même ? »

Sylvius, étonné, le dévisagea.

« Rentrons en ville, dit-il d’un air gêné. Mais de quelle façon vais-je te transporter ?