Et les occupants de l’omnibus fixèrent, d’un air défiant, ce jeune homme qui parlait sans interlocuteur.
On était à la Madeleine, Sylvius descendit, alla chez son banquier, où il prit de l’argent, — chez lui, — enfin, chez Lautonne.
En montant l’escalier sombre il tira Chrysolet de sa poche. — Il avait une muse ! Il avait une muse ! Il aurait Clorinde ! De ces deux idées Sylvius était tout possédé. Une odeur de fleurs lui venait déjà du septième étage, — de fleurs et de verdure. Il poussa la porte.
C’était toujours l’extraordinaire taillis coloré de pétales, hanté de papillons et murmurant d’un gazouillis qui ne cessait pas. Lautonne se tenait debout, monstrueux comme à son ordinaire, plus roux que jamais, plus échevelé, semblait-il que la veille. Il agitait son énorme main avec un geste de semeur au-dessus de Clorinde nue, allongée parmi les fleurs et la mousse, et, tout de bon, il semait du grain sur le beau corps.
« J’épouse le ciel ! Venez vite, dit Clorinde, Lautonne sème du blé sur ma chair ! J’épouse le ciel ! »
Et, en vérité, quand Lautonne eut fini, cent oiseaux se bousculèrent au-dessus de Clorinde, piaillant et picorant le grain.
« J’épouse le ciel ! l’impératrice Théodora fit ainsi !… »
De nouveaux oiseaux descendirent. Clorinde se tordait de joie et mordait ses lèvres.
« Un peu de repos, » dit-elle.