— Eh ! oui ! reprit Lautonne, une miette ! Vous lésinez, mon cher ! Venir avec un doigt de muse ! une muse atomique ! une… musette, si j’ose dire ! Nous avons là un tant soit peu de muse tout à fait singulier !
— Que veux-tu, dit Clorinde, il faudra s’en contenter ! D’ailleurs, cette parcelle de Calliope, ce rudiment de Clio m’égaie ! C’est Melpomène rabougrie, Uranie en herbe, un rien d’Erato, un souffle de Polymnie, une Euterpe-mouche, une Thalie en réduction, une fraction de Terpsichore !
— En somme… un résumé des Piérides… Quel âge a-t-il ? »
Sylvius avait pris le parti de rire, mais Chrysolet était fort en colère et agitait ses minuscules bras.
« Quand vous aurez fini de m’insulter ! tas de… »
Déjà, il pensait à autre chose.
« Oh ! le joli jardin ! Que cette rose sent bon ! et que vous êtes belle, madame !
— C’est un gentil petit être, dit Sylvius. Ne l’offensez pas. Il s’appelle Chrysolet. »
Clorinde se baissa, voulant le poser sur sa main, mais il s’enfuit, courut vers une fleur qui poussait dans un coin de la chambre et mit son nez dans le calice afin de voir ce qu’il y avait au fond.
« Partons-nous ? dit Sylvius, mes malles sont prêtes, j’ai passé chez mon banquier…