Retraite sûre, et bien vite emportée
Du pied distrait d'un grand démolisseur…
Mais aussitôt, des ruines écroulées
Reparaissait l'oeuvre du constructeur.

Jeux enfantins, vous revivez de même
Dans les efforts de l'âpre travailleur,
Honneur à lui, qui prodigue et qui sème,
Pour les moissons, le grain fécondateur.

Qu'importe l'oeuvre, elle existe et demeure!
C'est un jalon planté pour l'avenir.
L'idée enfin, burinée, à son heure,
Sur un granit qui ne devra périr…

Et, quand, assis devant l'âtre qui chante,
Tu reliras a tes petits neveux
L'Art de créer une chose alléchante,
Ils souriront, et tu seras heureux.

Plus tard encore, pour ordonner leurs fêtes,
En recherchant le volume endormi,
Ils rediront, en inclinant leurs têtes,
Souvenons-nous du livre de l'Ami!…

Ami, merci! de ce recueil qui livre
Tant de secrets de cet art incompris!
Et vous, chercheurs, veuillez prendre ce livre
Ouvrez, lisez… Et vous serez conquis!…

ENVOI

Toi qui dépeint les mets que l'on mange en carême:
Savourys délicats, savoureux plats de crème,
Qu'eut fait rêver, béat, Brice, le gros baron,
Un jour, nous diras-tu, des recettes plus grasses?
L'art de confectionner le salmis de bécasses,
Et le dindon truffé qu'on sert au reveillon?…

Louis FAURE.

Fontenay-aux-Roses, 23 décembre 1896.