—Qu'en dites-vous? continua le chevalier. Est-ce que vous auriez l'envie de faire résistance?

—Mais oui, dit Brissac, car il n'est pas possible qu'un gentilhomme armé se laisse prendre par un seul ennemi sans être déshonoré.

—Oh! dit Crillon, vous êtes si peu armé que ce n'est pas la peine d'en parler.

—J'ai mon épée, monsieur de Crillon.

—Bah! vous savez bien que personne ne tire plus l'épée contre moi.

—C'est vrai, mais j'ai l'arme des faibles, l'arme brutale dont le coup ne se pare point, et je serais au désespoir, avec cette arme lâche, de tuer le brave Crillon. Cependant! je le tuerais s'il me refusait le passage.

En même temps, il prit ses pistolets dans les fontes.

—Quand je vous disais de rester tranquille, dit Crillon. Rengainez vos pistolets, ils ne sont pas chargés,

—Ils ne sont pas chargés! s'écria Brissac avec une sorte de colère; en êtes-vous assez certain pour attendre le coup à bout portant?

En disant ces mots, il appuyait l'un des canons sur la poitrine du chevalier.