—Donne, dit Pontis, je ne suis pas de ceux qu'on vole.

—Tu vois, je l'ai fait enfermer dans cette petite boîte plate comme un reliquaire; c'est commode à porter, à cacher; et la lettre y est restée fraîche comme si elle eût été écrite hier.

—Joli bijou qui parera au besoin les coups d'épée que Mlle d'Entragues nous fera donner. Je les attends, et la boîte sera en sûreté sur ma poitrine, je te le jure. Maintenant, pour achever de te prouver ma raison, je te rappellerai que je suis de garde ce soir, et, tandis que tu resteras bien chaudement en face de ce brasier joyeux, fais-moi reconduire au poste.

—Volontiers.

—Oh! mais en cérémonie! dans le carrosse! Sambioux! je veux aller en carrosse au Louvre. Étrennons le carrosse, mon prince. Et des flambeaux, s'il vous plaît!

—Va pour l'étrenne, dit Espérance rendu à toute sa belle humeur par cette fougue communicative. Va pour les flambeaux.

—Vous entendez! cria Pontis à un valet. Et demain, monseigneur, nous établirons un programme de fêtes qui fera danser hors de terre tous les pavés de Paris.

—Va pour les fêtes et la danse des pavés.

Un quart d'heure après, maître Pontis roulait en carrosse vers le Louvre, au milieu d'un grand concours de populaire, qui, à l'aspect de cette nouveauté, poussait des acclamations comme sur le passage d'un empereur.

Espérance, pour se dégourdir, endossa une pelisse fourrée et se mit à arpenter ses belles allées, au clair de lune.