—Et vous vous engagiez à le prouver.
—C'est aisé: puisque vous avez bien voulu venir, vous verrez de vos propres yeux.
Il y eut dans la litière un soupir, accompagné d'un geste désespéré.
—Expliquez-vous, murmura une voix émue; mais d'abord quel est votre but?
—Oh! madame, je pourrais vous dire que c'est votre intérêt personnel. Mais je ne mens pas: c'est dans mon intérêt à moi que j'agis, et comme je vous sers en même temps, j'ai pensé que vous me viendriez en aide.
—Où tend votre intérêt, monsieur? n'est-ce pas à quelque machination contre la personne sacrée de Sa Majesté? Je vous avertis qu'en me déterminant à venir ici, j'ai prévenu main-forte, et je n'aurais qu'à appeler….
—Inutile, madame! je n'entreprendrai pas contre la vie du roi, dit amèrement l'inconnu; je ne m'occupe que d'une chose, je ne tends qu'à un but: empêcher une certaine dame, que j'aime, de succomber à la tentation de remplacer Mme la marquise de Monceaux.
—Le roi y pense donc?
—Vous allez vous en convaincre, madame, Le roi a soupé chez la marquise après la cérémonie, n'est-ce pas?
—Ou plutôt il a feint de souper. Je me souviens qu'il n'a touché à rien que des lèvres.