—C'est assez large pour ce que j'en veux faire, s'écria-t-il. Mesurons d'abord les épées.

—Que de formalités, dit la Ramée; on dirait que vous cherchez à gagner du temps; les voici, ces épées, mesurez.

Il les tendait en disant ces mots. Pontis les saisit toutes deux ensemble et les jeta derrière lui à plus de dix pas.

—Que faites-vous? s'écria la Ramée, reculant effrayé.

—Ah! lui dit Pontis, qui tout d'un coup changea de physionomie et de langage, tu crois que je tirerai l'épée contre toi! Parce que je t'ai appelé homme d'esprit, tu t'es laissé amener ici, triple imbécile! Des épées!…ah! bien oui! As-tu ton petit couteau sur toi?

—Monsieur! s'écria la Ramée, je vais appeler.

—Essaye, dit Pontis, qui d'un bond lui sauta à la gorge et le colla sur la muraille.

Mais la Ramée était vigoureux, la frayeur doublait ses forces, il fit un effort surhumain et s'échappa des poignets nerveux qui avaient commencé à l'étrangler.

—De près ou de loin, dit Pontis en marchant sur lui les mains crispées, je t'atteindrai! Tu as beau reculer, le corridor n'a pas d'issue.

La Ramée, effrayant à voir, se pelotonna comme un chat sauvage qui prépare son élan.