—Ce n'est pas impossible, monsieur.
—Et la garnison naturellement obéira à son gouverneur.
Le duc, regardant Brissac en face:
—Le gouverneur, à qui obéira-t-il?
Brissac comprit alors plus que jamais pourquoi M. de Feria était venu chez lui si bien accompagné, pourquoi il avait demandé la clef des portes.
—J'obéirai à monseigneur le duc de Mayenne, répliqua-t-il d'un air dégagé.
—Eh bien, monsieur, c'est au mieux. Veuillez être assez bon pour achever de vous habiller. Pendant ce temps, je vais faire entrer nos renforts, et dans une heure environ nous irons trouver ensemble M. de Mayenne, qui s'expliquera devant vous catégoriquement.
Brissac salua le duc avec sa courtoisie ordinaire et le reconduisit jusque sur le palier.
—Et d'un! dit-il en le voyant descendre l'escalier avec ses gardes. Il poussa même la bonne grâce jusqu'à envoyer un petit salut particulier à don José qui répondit par un sourire assez ironique.
Brissac s'était remis à son observatoire derrière les rideaux, lorsqu'il vit une litière qui entrait dans sa cour avec un cortège de soldats ligueurs et de pages. Les armes de Lorraine brillaient aux tapisseries de cette litière. Mme de Montpensier en descendit, de sorte que le duc de Feria et la duchesse purent échanger leurs compliments, l'un, descendant les degrés du perron, l'autre les montant appuyée sur son jeune favori, M. Jean Châtel.