Cette rencontre donna, il faut le croire, quelques soupçons au duc; car il laissa dans la cour du gouverneur don José Castil avec un détachement. L'oeil vigilant de Brissac y compta jusqu'à douze hommes.
Ce qui ne l'empêcha pas de courir à la rencontre de la duchesse, et de lui épargner, avec l'adresse exquise qu'il mit à la soutenir, le désagrément de boiter d'une manière visible.
La duchesse aussi, laissa en bas douze hommes qui se mêlèrent amicalement aux Espagnols.
—Mon cher Brissac, dit-elle lorsqu'ils furent seuls, je viens vous ouvrir mon coeur. Nous sommes de vieux amis, nous autres.
—Pas si vieux, dit le comte avec une oeillade assassine, car il y avait longtemps qu'il n'avait payé ses redevances à Mme de Montpensier.
—Le Béarnais nous gagne, l'Espagnol nous amuse, les Parisiens sont indécis: il s'agit aujourd'hui de frapper un grand coup.
—Elle aussi, pensa Brissac.
—I1 faut m'aider à forcer le parlement d'asseoir mon neveu de Guise sur le trône.
—Eh! eh! dit-il.
—Est-ce que ce n'est pas votre avis?