—Vous savez bien, duchesse, que mon avis est toujours le vôtre; mais c'est difficile. Les Espagnols en veulent aussi, de ce trône de France!

—Ce n'est pas là le plus difficile, car les Espagnols nous secondent sans s'en douter avec leur fantaisie de marier l'infante; mais c'est M. de Mayenne qu'il va falloir faire consentir à couronner son neveu. Il ne s'y prête guère et on ne peut pourtant se passer de lui.

—Je le crois bien, c'est le maître de Paris.

—Il est si maître que cela? demanda la duchesse.

—Tellement, duchesse, que sans lui pas un des ligueurs ne marchera.

—Eh bien! j'ai prévu cela: vous allez me faire le plaisir de le venir trouver avec moi. Vous êtes pour moi, n'est-ce pas? et non pour lui.

—Pardieu!

—Vous êtes indépendant, vous, et vos troupes n'obéissent qu'à vous.

—Ventrebleu! je voudrais bien voir qu'il en fût autrement.

—Cela me suffit. Déclarez purement et simplement à mon frère ce que vous venez de me dire là en quatre mots.