A Saint-Denis, il fut laissé de côté pendant que les dames placées par les soins du comte d'Auvergne pénétraient dans la cathédrale. Il eût dû partir. Il resta lâchement perdu dans la foule.
A huit heures sonnant, au son des cloches et du canon, parut le roi vêtu d'un pourpoint de satin blanc, de chausses de soie blanche, portant le manteau noir, le chapeau de la même couleur avec des plumes blanches. Toute sa noblesse fidèle le suivait, il avait Crillon à sa gauche comme une épée, les princes à sa droite. Ses gardes écossais et français le précédaient, précédés eux-mêmes des gardes suisses. Douze trompettes sonnaient, et par les rues tapissées et jonchées de fleurs, un peuple immense se pressait pour voir Henri IV, et criait avec enthousiasme: Vive le roi!
L'archevêque de Bourges officiait. Il attendait le roi dans l'église, assisté du cardinal de Bourbon, des évêques et de tous les religieux de Saint-Denis qui portaient la croix, le livre des Évangiles et l'eau bénite.
Un silence solennel éteignit dans la vaste basilique tous les frissons et tous les murmures quand l'archevêque de Bourges allant au roi lui demanda:
—Qui êtes-vous?
—Je suis le roi! répondit Henri IV.
—Que demandez-vous? dit l'archevêque.
—Je demande à être reçu au giron de l'Église catholique, apostolique et romaine.
—Le voulez-vous sincèrement?
—Oui, je le veux et le désire, dit le roi qui, s'agenouillant aussitôt, récita d'une voix haute, vibrante, et qui résonna sous les arceaux de la nef immense, sa profession de foi qu'il livra écrite et signée à l'archevêque.