Et il s'élance au milieu des combattants.
Ce terrible harnibieu avait grande réputation en France et à l'étranger. Crillon le poussait d'une façon particulière, avec des poumons si puissants qu'il dominait partout le bruit du combat.
Les ligueurs, déjà furieux d'avoir été battus, plus furieux encore de se l'entendre reprocher, demandent quel est cet homme inconnu qui se met ainsi tout à travers les mousquetades, quand il n'y a que faire.
—Eh! mordieu! je suis Crillon, dit le vieux guerrier, ne me reconnaissez-vous pas?
—Crillon! répètent les Français surpris et effrayés à la fois.
—Nous sommes donc attaqués par les troupes du roi? demande un officier ligueur.
—Vous allez l'être, répond Crillon, je précède l'avant-garde.
—Par la trahison des Espagnols! s'écrie l'officier.
—Vous l'avez dit, mon brave.
—Sus aux Espagnols! crient cent voix autour du chevalier.