En 1851, Ducouret (Hadj Abd el Hamid Bey) partait de Tunis avec une mission du Ministre de l’instruction publique dans le Sahara. Il sollicita l’appui de l’autorité militaire pour gagner Ouargla et le Mzab, mais il parut dangereux de l’autoriser à parcourir ce pays, où Berbrugger avait rencontré d’assez grandes difficultés l’année précédente.
Résumons, au triple point de vue auquel nous nous sommes placés, les résultats obtenus pendant cette période.
La connaissance scientifique du Sahara a considérablement avancé par les informations indirectes, surtout celles de Carette et de Daumas. L’exploration directe, si on en excepte le voyage de Berbrugger, n’a encore donné aucun résultat. L’occupation a rapidement progressé, puisque, malgré les hésitations du début, elle nous a amenés d’Alger à Laghouat. Enfin, au point de vue de la pénétration commerciale, on a formé des projets nombreux et souvent grandioses, mais on n’a en fait rien obtenu. La carte du Sahara algérien[47] de 1852 montre l’état des connaissances à cette date : c’est une nouvelle édition de la carte de 1845, dont les indications avaient guidé nos colonnes ; on a réparé les omissions et comblé les lacunes que l’expérience avait signalées.
Une nouvelle période s’ouvre avec la prise de Laghouat (4 décembre 1852), bientôt suivie de la capitulation du Mzab. Grâce aux circonstances favorables, grâce aussi à l’impulsion donnée par le maréchal Randon, cette période, comme on va le voir, est une des plus brillantes et des plus fructueuses de l’histoire de la pénétration saharienne.
[2]Daumas, Le Sahara Algérien, in-8o, Paris, 1845, p. 5.
[3]Carette, Etude sur les routes suivies par les Arabes dans la partie méridionale de l’Algérie et de la Régence de Tunis, in-8o, Paris, 1844, p. 3 et suiv.
[4]Traduction française de la Description de l’Afrique, publiée par Quatremère dans le tome XII des Notices et Extraits des Manuscrits.
[5]Traduit par A. Jaubert en 1836.
[6]Leo Africanus, De l’Afrique, traduction de Jean Temporal, Paris, 4 vol. in 8o, 1830. « Imprimé aux frais du Gouvernement pour procurer du travail aux ouvriers typographes. » La même année était réimprimée, à Venise, la traduction italienne de Ramusio.