[68] Procopii Hist., apud ibid., t. II, p. 37.
Outre la hache, qui, de leur nom, s’appelait francisque, ils avaient une arme de trait qui leur était particulière, et que, dans leur langue, ils nommaient hang, c’est-à-dire hameçon[69]. C’était une pique de médiocre longueur et capable de servir également de près et de loin. La pointe, longue et forte, était armée de plusieurs barbes ou crochets tranchants et recourbés. Le bois était couvert de lames de fer dans presque toute sa longueur, de manière à ne pouvoir être brisé ni entamé à coups d’épée. Lorsque le hang s’était fiché au travers d’un bouclier, les crocs dont il était garni en rendant l’extraction impossible, il restait suspendu, balayant la terre par son extrémité : alors le Frank qui l’avait jeté s’élançait, et, posant un pied sur le javelot, appuyait de tout le poids de son corps et forçait l’adversaire à baisser le bras et à se dégarnir ainsi la tête et la poitrine[70]. Quelquefois le hang attaché au bout d’une corde servait en guise de harpon à amener tout ce qu’il atteignait. Pendant qu’un des Franks lançait le trait, son compagnon tenait la corde, puis tous deux joignaient leurs efforts, soit pour désarmer leur ennemi, soit pour l’attirer lui-même par son vêtement ou son armure[71].
[69] Alibi enim secures multæ acuebantur, alibi patria hastilia, quæ ipsi angones vocant. (Agathiæ Hist., apud Script. rer. gallic. et francic., t. II, p. 65.)
[70] Ibid., p. 65 et 66.
Insertum triplici gestabat fune tridentem,
Quem post terga quidem stantes socii tenuerunt ;
Consiliumque fuit, dum cuspes missa sederet
In clypeo, cuncti pariter traxisse studerent.
(De prima Exped. Attilæ in Gallias, ac de Reb. gest. Walthari, Aquit. princ., Carmen illustratum et adauctum a F. Ch. J. Fischer. Lipsiæ, 1780, in-4o, p. 54, vers. 979.)