Son seul rôle — et il serait assez beau — consisterait ainsi à donner l’essor au vol des rêves vers le grand ciel où il n’y a pas de routes tracées.
Que ma lectrice rêve donc et rêve comme elle l’entendra, après avoir lu ces petites histoires !
Elles sont courtes. Mon désir est qu’elles donnent l’impression d’un choc — d’un choc de pierre dans l’eau avec des cercles d’onde qui s’élargissent. Mon seul remords est qu’elles soient tristes, C’est une conclusion de trop quand on a dit ne pas aimer les conclusions.
Aussi, je dois encore me permettre de formuler un vœu : Je souhaite que ma lectrice suive le conseil du titre et lise ces nouvelles au Crépuscule. Le Crépuscule, heure mélancolique, somptueuse comme une étoffe de Saba, possède des trésors d’enchantement, de philosophie, de douceur, où chacun peut puiser à sa guise.
Souvent, en regardant l’Occident pourpre se ternir, je pense qu’il ne faut pas trop pleurer la Mort quand la Vie fut intense et belle.
Mourir après avoir connu certains frissons c’est couronner une tâche qui n’est pas assignée à tous.
Crépuscule, confident, père, ami de tant de songes, reçois, explique, apaise ceux issus de ces contes qui seraient trop amers !
Ma lectrice, d’ailleurs — cela va sans dire — est libre de conclure tout autrement que moi ou de penser, qu’après tout, ce sont des histoires inventées.
VESPER
J’ai rédigé ces pages en mer, l’année 1901, entre New-York et Cadix.