Puis, quand ils furent repartis, elle voulut s’endormir. D’abord elle ne le put. Machinalement, par la vitre, elle regardait le paysage. La lune, comme une face camuse et blême, plongeait dans le brouillard. La campagne s’étendait aussi blanche qu’un suaire.

Toutes sortes d’idées qu’elle n’avait jamais lui montaient au cerveau. Elle se rappelait la robe peinte dans le portrait de son aïeule, la grande Nicole, la bien-aimée du roi. C’était une robe de deuil semée d’ossements comme les habits dont Henri III, dit-on, aimait à se revêtir.

… L’Amour… La Mort… Les violons tsiganes sonnaient encore à ses oreilles la double ritournelle, désormais inséparable dans son cœur.

Elle finit par dormir, mais elle eut un rêve de folle :

La salle de bal des Latune était là, avec tous les invités. Seulement tous n’étaient plus que des squelettes. Ils se tenaient rangés en rang, par couples, autour de la salle.

Au milieu, il y en avait deux, le sien et celui de Pierre. Ils se donnaient encore la main — la MAIN GAUCHE.

COGNE-DUR

L’histoire qu’on va lire est forgée de toutes pièces.

Plusieurs échos de presse affirment au public que des tendances fâcheuses se sont manifestées parmi les équipages de la marine de guerre. Réelles ou imaginaires, ces tendances méritent d’être envisagées.

Certains demeurent persuadés que, sous des officiers résolus, énergiques, sachant tirer parti des circonstances, ces tendances, si elles viennent à se produire, doivent, peuvent être dominées.