Un timonier frappait :

— Commandant, il est l’heure d’envoyer les hommes de service embrocher la viande.

— Qu’ils aillent s’embrocher eux-mêmes ! Le timonier disparut au plus vite.

— Commandant…, j’adresse à l’autorité supérieure par votre intermédiaire la réponse à la note…

— Toc, toc.

Deux hommes étaient à la porte, deux chauffeurs barbouillés de suie, le bonnet à la main.

— Allez-vous me foutre le camp ! Qu’est-ce que vous me voulez encore ?

Ils hésitaient. Leurs « bleus de chauffe » entr’ouverts laissaient apercevoir des poitrines tatouées, ruisselantes de sueur. Le plus hardi parla enfin.

— Commandant, on a comme ça à vous dire… que la viande… elle pue…!

— Faites comme moi. Fourrez du poivre dedans. J’en ai pas d’autre à vous donner… et puis, dehors ! rondement, j’ai pas le temps de rester à vous regarder !