Son assurance ébranla M. de Gourville, mais il reprit bien vite d'un ton amer:
— Je me rends aux remontrances de ce pauvre garçon, je mets tous mes griefs sous mes pieds, j'oublie qu'une fois déjà, vous m'avez préféré les Droy, que vous avez mieux aimé être institutrice chez ces gens-là… — (pardon, Auberte,) — plutôt que de venir à Gourville…
— Vous n'aviez nul besoin de moi, Mme Droy n'était pas bien portante à cette époque, et je ne pouvais m'éloigner de ses enfants. Je ne l'aurais pas voulu.
— A la bonne heure! voilà qui est net. Cette famille Droy est si rassise, si sensée… N'écoutez donc pas, Auberte.
— Pourquoi, fit Stéphanie avec révolte, Auberte n'écouterait-elle pas ce que vous me forcez à entendre?
Elle se domina, M. de Gourville continuait:
— Enfin, c'est donc bien agréable, Stéphanie d'Aumay, de vivre chez les autres, de travailler, de porter de vieilles robes, quand vous pourriez avoir un chez vous, être la femme d'un galant homme, vous installer à Gourville, y recevoir vos chers Droy tant qu'il vous plairait.
L'aîné, Hugues, est pour un temps indéfini à Besançon. Sa femme, quand il se mariera, sa femme et vous serez comme les deux doigts de la main, et vous vous verrez tous les jours.
Stéphanie ne répondit pas.
— Allons, vous avez eu un petit moment d'aberration. Aube et moi n'en répéterons rien.