Ceux qui ont été assassinés, comme Henri III et Henri IV, ont paru percés des poignards qui les ont frappés; les autres rois, quoique pas nommés, étaient reconnaissables, ou par quelques marques, ou par un dauphin intermédiaire qui apparaissait sans couronne. La durée du règne de ces rois était marquée par les différences de la durée de leurs apparitions. Par le nombre de leurs dauphins on parvenait distinctement à celui qui désignait Louis XV. C'est du vivant de ce monarque que M. de Nivernois m'a parlé de cette pièce curieuse, et il m'a dit alors qu'elle finissait de la manière suivante, qu'après Louis XV il ne s'est plus montré qu'un seul roi; et Catherine, interrogée par l'astrologue, sur ce qu'elle voyait encore, elle répondit: je ne vois plus rien qu'un tas de rats et de souris qui s'entre-dévorent. Comme on venait de s'apercevoir que les fondements de Versailles étaient minés par ces animaux, nous appliquions alors cette image prophétique à la possibilité que ce grand château pourrait bien s'écrouler sous le règne prochain.
Le cardinal Acquaviva était franc, mais extrêmement grossier. Allant occuper la vice-légation d'Avignon, on lui avait fort recommandé de s'abstenir de dire: cela n'est pas vrai, et on lui avait observé que cette phrase était regardée en France comme une insulte. Voici donc la tournure qu'il avait imaginée, pour donner un démenti poliment: Je le crois, disait-il d'un air suppliant, puisque vous me le dites, mais vous, qui me le dites, vous ne le croyez pas.
Ceci me rappelle une autre réplique fort heureuse, au récit d'un fait incroyable que le conteur assurait avoir vu de ses propres yeux, la voici: Je le crois, puisque vous l'avez vu, mais si je le voyais, je ne le croirais pas.
On a trouvé dans les papiers du professeur Schrœder, de Marbourg, célèbre rose-croix, mort à Wetzlar, une vieille pancarte expédiée par un chef de cette secte.
Il avait ajouté à son nom S. J., de la société de Jésus, et la pancarte avait une date plus ancienne que celle à laquelle le dictionnaire des hérésiarques d'Arnold fixe l'origine des rose-croix. Les relations que j'ai eues avec ces derniers, m'ont appris qu'ils étaient intimement liés avec les jésuites, et je puis attester que les règles et les formes de l'ordre des rose-croix avaient les plus grands rapports avec celles de la compagnie de Jésus, surtout pour l'obéissance aveugle à leurs supérieurs, l'espionnage et les moyens de s'emparer des secrets d'autrui.
Des amis et des protections particulières que j'avais à Naples m'ont mis à portée d'examiner de près le miracle de saint Janvier, et je puis attester qu'il me parut impossible, qu'une matière extérieure puisse pénétrer dans les fioles qui contiennent le prétendu sang de ce saint. Il y en a deux qui sont hermétiquement scellées et placées sur deux pointes, qui les soutiennent en l'air au milieu d'un ostensoir à jour et bien clos.
On voit dans le fond de ces fioles, à la hauteur d'un doigt, une matière qui ressemble à de la poix, résine fort brune et dure, laquelle, quand le miracle se fait, s'élève subitement en bouillonnant et remplit tout à fait les petits vases.