»J'ai reçu hier avec bien du plaisir votre lettre du 27, je vous prie de continuer à me donner souvent de vos nouvelles et de tout ce qui vous intéresse; je vous prierai aussi de me donner des nouvelles de la petite famille de la duchesse, car elle n'est pas forte pour les détails. J'attends toujours une réponse de mon père pour savoir le moment de mon départ pour Parme—je vous le ferai savoir sur-le-champ. Quoique je sois bien contente que vous puissiez bientôt revenir près de moi, je sens trop combien vous devez désirer de rester près de Mme de M... encore un peu de temps, et certainement c'est faire abnégation de mon égoïsme que de vous le permettre.
»Ma santé est bonne, mais je suis cruellement fatiguée par ces grandes chaleurs. Je viens de faire une promenade plus fatiguante (sic) que celle du Montanvert—j'en suis revenue ce matin à 2 heures; je voulais vous faire la description ce soir, mais j'ai tellement sommeil qu'il faut que je la remette au prochain jour de poste. Je vous prie de croire à tous les sentiments d'estime et d'amitié avec lesquels je suis
»Votre très affectionnée,
»LOUISE.»
L'Impératrice écrivait la lettre précédente le matin du jour où Mme de Montebello, son ancienne dame d'honneur, venait la rejoindre à Aix pour y demeurer auprès d'elle pendant une période d'une quinzaine de jours environ. Il aurait été fort intéressant de savoir quelle impression se firent réciproquement la maréchale et le comte Neipperg; malheureusement ce point reste obscur... et Marie-Louise n'en parle pas. Elle se contente d'adresser à mon grand-père le billet suivant:
«Aix-en-Savoie, 6 août 1814.
»Je viens de recevoir ce matin toutes les lettres dont vous avez chargé la duchesse de Montebello; je n'exagère pas en vous disant qu'elles me font bien du plaisir. Je suis fâchée de voir que vous vous inquiétez de ne pas avoir de mes nouvelles; c'est cependant la quatrième fois que je vous écris depuis mon départ. C'est aussi par la duchesse que je vous répondrai au long. Je regrette bien qu'elle ne puisse pas rester plus longtemps avec moi, que dix ou douze jours, c'est bien peu de temps surtout quand on ne sait pas quand on se reverra. Ma santé est très bonne en comparaison de ce qu'elle était quand je quittai Vienne; cela tient aux bains et à la tranquillité d'esprit dont je jouis ici. Vous savez que les tracasseries me tuent.
»Mes compliments à Mme de M... Je ne vous écris pas plus parce que je n'ai pas le temps.
»Je vous prie de croire à toute mon estime et amitié.
»Votre très affectionnée,