—Est-il possible qu'aucune Gy ne vous ait demandé en mariage?

—Dans mon pays, ce n'est pas la Gy qui fait cette demande: c'est l'An qui parle le premier.

—Quel étrange renversement des lois de la nature,—dit la jeune fille,—et quel manque de modestie dans votre sexe! Mais vous n'avez jamais demandé une Gy.... vous n'en avez jamais aimé une plus que l'autre?

Je me sentais embarrassé par ces questions ingénues.

—Pardonnez-moi,—répondis-je,—mais je crois que nous commençons à dépasser les limites fixées par Aph-Lin. Je vais répondre à votre dernière question, mais, je vous en prie, ne m'en faites pas d'autres. J'ai ressenti une fois la préférence dont vous parlez. Je fis ma demande et la jeune Gy m'aurait accepté de grand cœur, mais ses parents refusèrent leur consentement.

—Ses parents!.... Voulez-vous dire sérieusement que les parents peuvent intervenir dans le choix fait par leurs filles?

—Oui, vraiment, ils le peuvent et ils le font assez souvent.

—Je n'aimerais pas à vivre dans ce pays,—dit simplement la Gy;—mais j'espère que vous n'y retournerez jamais.

Je baissai la tête en silence. La Gy la releva doucement avec sa main droite et me regarda avec tendresse.

—Restez avec nous,—dit-elle,—restez avec nous et soyez aimé.