[2] Il est très-probable que d'après la menace du chef de cette colonie que l'on verra à la fin de cette relation, aucun aéronaute ne s'exposera au danger d'un second voyage dans le Vallon aérien.

[3] Je doute qu'il y ait jamais eu un tems où l'homme existât isolé, errant sur la terre sans famille, sans domicile et sans patrie. Un Ecrivain célèbre a fait l'histoire ou le roman de l'espèce humaine dans cette première période de sa création; il lui a trouvé beaucoup de vertus qui n'étoient au vrai que l'absence des vices, et il a dit: L'homme est bon, les hommes seuls sont méchans. Comme il n'existe aucun monument qui constate que l'homme, tel qu'il en a eu l'idée, ait jamais existé, on ne peut rien affirmer ni nier de cette prétendue bonté; mais que les hommes soient méchans, que les passions, les vices et les crimes soient nés dans le sein des sociétés, rien de plus certain; et je pense encore comme J-J., que ces passions et ces vices ont d'autant plus d'énergie, que les sociétés sont plus civilisées. Un problême admirable seroit donc de trouver une organisation sociale telle que l'homme jouit des avantages d'une société parfaitement civilisée sans en éprouver les inconvéniens. Or, c'est ce problême que je trouve complètement résolu dans le Vallon aérien. La grande passion qui tue les sociétés de la terre, l'ambition, ne se trouve pas dans celle-ci. Tous les individus sont parfaitement égaux et n'ont aucun motif d'aspirer à quelque distinction; car il n'y a ni richesses, ni honneurs, ni pouvoirs à distribuer. Tous sont égaux et le seront toujours, quelle que soit même la différence de mérite personnel; le gouverneur est le seul qui jouisse d'une autorité.

Conséquemment au principe de J.-J., tous les hommes ici semblables à son homme par excellence, sont donc bons et heureux.

(Note de M. de Montagnac.)

[4] Cet ouvrage eût été certainement très-curieux à connôitre; mais il faut que M. de Montagnac se soit trompé, car il ne s'est pas trouvé parmi ses papiers.

(Note de l'Editeur.)

[5] Ces annales sont imprimées ici dans l'ordre qu'a désigné M. de Montagnac, mais seulement par fragmens. On dira dans quelques notes pourquoi on n'a pas imprimé cet ouvrage en entier. Je l'ai divisé par chapitres, afin d'en rendre la lecture plus facile.

(Note de l'Editeur.)

[6] Il n'y a personne qui, dans la situation où se trouvoit l'auteur de ces annales, n'en eût dit autant que lui. Il falloit une découverte aussi merveilleuse que celle des ballons pour démentir sa prédiction. Le Vallon aérien, ses habitans, leurs mœurs seront connus hors de son enceinte. Cet auteur s'est également trompé sur la durée des lumières dans ce coin des Pyrénées: ces lumières y sont répandues plus généralement que de son tems; et si elles n'ont pas fait plus de progrès dans la même proportion, du moins paroît-il certain qu'elles n'ont pas décliné. Nos conjectures sur l'avenir ultérieur n'auroient pas de base plus solide que celles de l'auteur des Annales. Eh! qui peut assigner les bornes de l'esprit humain? Qui peut prévoir jusqu'à quelle étendue une société parfaitement organisée porteroit le développement de ses facultés morales? L'esprit est une puissance qui jusqu'à présent n'a été dirigée que par l'ambition. Qui sait ce qu'elle seroit capable de produire, si elle étoit mise en jeu par la sagesse.

(Note de M. de Montagnac.)