[7] Les tems sont bien changés: il n'y a plus maintenant que de très-légères différences entre la Cour, la Capitale et les Provinces. Les communications étant devenues plus fréquentes, les habitans de la France ont tous à-peu-près la même physionomie; il seroit difficile de distinguer à présent le provincial du parisien, à moins que ce ne fût par l'heure du dîner et quelques autres usages aussi importans. Mais les provinces ne tarderont pas sans doute à s'élever à la hauteur de la capitale sur ces graves objets; et il faut espérer que leurs habitans auront bientôt, comme les Parisiens, de grands collets, de gros ventres, de bons estomacs et de forts poumons.
(Note de l'Editeur.)
[8] Je crois que le défaut de renouvellement d'air est la principale cause des goîtres dans les Pyrénées. J'ai toujours observé que les habitans affectés de ces excroissances avoient leur demeure à l'abri du vent et du soleil dans le fond de quelque gorge de montagne où règnent une humidité qui n'est jamais pompée et un air constamment tranquille et stagnant. Je citerai, entre plusieurs autres villages, celui de St.-Mamé adossé au nord de la montagne tout au bout de la vallée de Luchon, dont presque tous les habitans sont goîtreux, tandis qu'à une demi-lieue de là, Bagnères de Luchon, plus avancé dans la plaine et exposé aux rayons du levant et du midi, est exempt de cette maladie. Ce qui fortifie mon opinion, c'est que tous les goîtreux guérissent parfaitement au bout de quelque tems de séjour sur la montagne.
(Note de l'Editeur.)
[9] On s'appercevra aisément que l'homme qui parle ici, est un protestant aigri par les persécutions qui l'ont forcé de s'exiler de sa patrie. Il est impossible qu'on juge sainement des choses quand on a l'esprit troublé par le ressentiment d'un violent outrage.
[10] Le lecteur voudra bien observer que cette réforme dans la religion est proposée pour une espèce d'hommes qui se rapproche beaucoup de la nature des anges.
(Note de l'Editeur.)
[11] Cette distinction est fausse. Le courage qui défend l'Etat n'est pas moins honorable que la sagesse qui le gouverne ou qui l'administre. L'erreur vient de ce que le fait dont il s'agit n'est pas suffisamment expliqué. Le soldat étoit sans doute coupable si l'ordre avoit été donné de n'épargner personne; mais il est au contraire très-probable que sa commisération avoit été calomniée, parce qu'il y a tout lieu de croire que, conformément aux lois de la guerre, l'ordre de mort ne frappoit que ceux qui étoient pris les armes à la main.
(Note de l'Editeur.)
[12] Je supprime ici le récit des divers évènemens d'un intérêt concentré dans l'intérieur du Vallon: ce récit comprend l'historique de plusieurs années; mais on conçoit qu'il est peu d'objets d'un intérêt général dans l'histoire d'un peuple sans ambition, sans distinction de richesses, de pouvoirs et d'honneurs, et de plus sans ennemis au dehors, et par conséquent sans batailles et sans héros. Tranquille au milieu des guerres les plus sanglantes, il n'eut connoissance que de celle entre la France et l'Espagne, à l'occasion du testament de Charles II, qui embrasa toute l'Europe au commencement du 18e siècle. Voici ce qui est dit de cette guerre dans les Annales.