«Le bruit courut, dit un chroniqueur liégeois, que le père et le fils avaient tous les deux péri empoisonnés.»
LIVRE DOUZIÈME
1322-1346.
Louis de Nevers. Troubles en Flandre.—Invasion de Philippe de Valois. Jacques d'Artevelde.
Le roi de France avait précédé de quelques mois dans la tombe Robert de Béthune et Louis de Nevers; Charles le Bel succédait à Philippe le Long au moment où la succession du comté de Flandre allait être vivement disputée.
Robert de Cassel occupait la position la plus favorable pour s'emparer de l'héritage de son père. Si les bourgeois lui étaient hostiles, il s'appuyait du moins sur des amis courageux et dévoués qui avaient joui de la faveur du vieux prince et qui se trouvaient, au moment de sa mort, dépositaires de toute l'autorité. Disposant de la plupart des châteaux, il avait depuis longtems rassemblé des hommes d'armes afin de pouvoir profiter de la confusion qui accompagne toujours la transmission d'un pouvoir contesté. Sa puissance semblait même si redoutable, que, lorsque le fils du comte de Nevers, que l'histoire nomme Louis de Nevers comme son père, voulut faire acte d'hommage, le roi s'y opposa afin de laisser à la cour des pairs, et peut-être à la fortune des événements, le soin de décider quel devait être l'héritier légitime du comté de Flandre.