Le 2 septembre au matin, le capitaine du Casse, à la tête de ses troupes, fit une entrée triomphale dans le château d’Arguin. A midi, un Te Deum solennel fut chanté dans la chapelle. Quelques jours après, toutes les fortifications furent rasées, et pour qu’on ne put jamais remettre cet établissement dans son état primitif, les Français eurent soin de faire sauter les rochers, défenses naturelles de la place.
Le 1er septembre, la garnison hollandaise était sortie avec les honneurs de la guerre, et le surlendemain, avant de s’embarquer pour retourner dans son pays natal, son chef avait écrit au vainqueur une lettre qui se terminait par ces mots, empreints d’une certaine naïveté:
«Je reconnais que M. du Casse a exécuté la présente capitulation et tous les articles dont je suis très-content, ainsi que de toutes les autres choses qu’il m’a faites.»
«Signé: Der-Lyncourt.
3 septembre 1678.»
Peu de jours après la prise d’Arguin, du Casse revint à Gorée. Il fit construire, dans l’île deux maisons pour loger les agents de la Compagnie de commerce française. Il s’occupa de faire prospérer les comptoirs qu’elle y avait établis sous sa protection. Il exigea des rois nègres de la côte le renouvellement de l’engagement en vertu duquel la compagnie serait seule admise à trafiquer dans leurs États, sous les conditions auxquelles avaient été jadis astreints les commerçants hollandais.
Dans le courant du mois d’octobre 1678, le capitaine du Casse s’embarqua à bord de l’un des navires de la compagnie et remonta le cours de la Gambie, afin de s’assurer de la situation des établissements français sur les rives de ce fleuve. Il avait laissé le vaisseau royal l’Entendu mouillé près le cap Vert, sous le commandement de son second, le capitaine Jean de Brémand.
Au mois de novembre 1678, un navire hollandais, le Château de Corassol, commandé par le lieutenant Hubert, vint mouiller devant Gorée, cherchant à s’emparer de cette île et des comptoirs voisins.
Apprenant cette tentative, du Casse revint immédiatement à Gorée, et somma Hubert d’avoir à s’éloigner. Celui-ci sollicita une entrevue, qui eut lieu le 20 novembre 1678.
«Monsieur, dit l’officier hollandais au commandant français en l’abordant, mes compatriotes m’ont chargé de venir faire la traite dans les îles du cap Vert et sur les côtes adjacentes, ainsi que le faisait, il y a un an, M. le gouverneur Hopsake.»