«J’ai reçu vos lettres des 11, 14, 15 et 18; j’en ai rendu compte au Roi. Sa Majesté m’avait paru fort inquiète de la relâche de M. du Casse aux îles d’Hyères, le même jour de sa sortie de Toulon; mais sur ce que vous marquez qu’après lui avoir envoyé les secours dont il avait besoin pour réparer ce qu’il avait souffert dans sa mâture, il a remis à la voile le 16 d’un vent favorable pour sa route, elle espère qu’il sera arrivé devant Barcelone du 18 au 20, et j’en attends des nouvelles par les premières lettres que je recevrai.
«Ce que vous me mandez sur l’état de la santé de M. du Casse me donne quelque inquiétude, ne la présumant pas aussi bonne que je l’aurais souhaité.»
En même temps que cette lettre du ministre, parvenait à Toulon, le 3 avril, la nouvelle que du Casse était arrivé le 17 devant Barcelone; Bellefontaine se hâta le jour même d’en prévenir Pontchartrain.
«Nous apprenons l’arrivée de M. du Casse devant Barcelone le 17 de mars, mais les temps y sont si terribles que M. le marquis de Marry n’a pu encore débarquer les munitions; il faut espérer que la belle saison, jointe à l’arrivée de M. le maréchal de Berwick, remédiera à tout.»
Et quelques jours plus tard:
«J’ai reçu des nouvelles de l’arrivée de M. du Casse devant Barcelone le 17, où il n’a pu mouiller que le 19 à cause des mauvais temps. Il aura apparemment fait travailler au débarquement des munitions embarquées sur ses vaisseaux, et aura ensuite fait détacher la frégate qu’il a dû envoyer à Toulon pour escorter les bâtiments qui y seraient chargés du reste des munitions.»
L’escadre française avait trouvé les vaisseaux espagnols mouillés devant Barcelone et attendant leur amiral; dès le 20 mars, du Casse eut, sous ses ordres, ainsi que le portent les états de situation, les forces suivantes:
Armée navale de France et d’Espagne sous les ordres de M. le lieutenant général du Casse: l’Entreprenant, portant pavillon blanc, du Casse amiral; le Furieux, les commandants et les équipages français à la solde de l’Espagne, d’Aligre chef d’escadre; Nostra Signora de Bignonia, don Andreas de Pes; Nostra Signora de Guadalupa, Pintado; le Royal, le Prince des Asturies et la Reine Génoise, portant pavillon espagnol, les capitaines et équipages génois à la solde de l’Espagne, marquis de Marry, Justiniani et Pierre Rouge; l’Hermine et la Vierge de Grâce, portant pavillon blanc, vaisseaux du Roi prêtés à l’Espagne, capitaine et équipage français, de la Roche Hercule et le chevalier de Fayet; le Pembrocke, don Antonio Serrano; Il sancte Christe de San Martin, don Francisco Guiral; la Reine espagnole, le chevalier de Gaëtan; Santo Francisco de Paolo dit la Gaillarde, D. N. de Sellamo; la Tamilia sacra, D. N. Solado; Nostra Signora d’Atacha, D. Diego de San Estevan; Il Aquila de Dantes, don Pedro Rivera; Il sancte Christe de la Vera Cruz, D. Alonso Garcias; Il sancte Christe de San Roman, D. N. de Nesta.»
Le 25 avril 1714, le Roi écrivit à du Casse de faire chanter un Te Deum solennel à l’occasion de la conclusion de la paix avec l’empereur à Rastadt: