Voyant qu’ils n’obtiendraient rien de ce côté, les ambassadeurs, qui avaient reçu des instructions pour susciter des embarras et des difficultés à du Casse, dont la ferme et brillante administration avait été nuisible au commerce de leurs compatriotes en Afrique, adressèrent au ministre des affaires étrangères de France, Pomponne, un mémoire dans lequel ils demandaient la restitution du navire le Château de Corassol pris par du Casse, le paiement d’une indemnité de deux cent mille francs, la liberté du commerce du cap Bianco à Sierra-Leone.

Pomponne transmit la note des représentants des Provinces-Unies à son collègue de la marine.

Le marquis de Seignelay la remit à du Casse, en le priant de faire connaître ce qu’il avait à répondre.

Du Casse, dans une longue lettre explicative, déclare que la compagnie du Sénégal ne prétend pas exclure les sujets des Etats généraux du commerce des côtes d’Afrique, si ce n’est dans les lieux dépendants de la France; puis, racontant avec maints détails la conduite des Hollandais en faveur desquels on élevait des réclamations, il termine en déclarant qu’il ne comprend pas que «des hommes qui avaient agi comme des bandits provoquant au pillage et à l’assassinat, ne soient pas désavoués par les ambassadeurs d’une nation civilisée».

La lettre fut mise sous les yeux du ministre des affaires étrangères, qui fit aux plénipotentiaires une réponse assez sèche et hautaine. L’affaire en resta là.

Entré de cette façon en relations avec les hommes alors au pouvoir, du Casse devint naturellement leur intermédiaire dans leurs rapports avec la compagnie du Sénégal; aussi, le 11 janvier 1680, le ministre de la marine ayant été informé que le directeur de la compagnie du Sénégal à Dieppe s’était engagé dans une voie illégale, écrivit à du Casse le billet suivant:

«Vous verrez par la lettre cy-joint que les officiers de l’admirauté de Dieppe se plaignent que le directeur de la compagnie du Sénégal prétend faire sortir les vaisseaux, qu’elle envoie aux costes d’Afrique, sans passeport ny congé de monsieur l’admiral; et comme cela est contraire à l’usage ordinaire, faites moy sçavoir les raisons pour lesquelles cette compagnie en use ainsi.»

Du Casse fit faire droit à la réclamation du ministre. Vers la même époque la compagnie du Sénégal, par un contrat, reçut du roi le monopole de la fourniture annuelle, pendant huit ans, de deux mille nègres aux îles d’Amérique appartenant à la couronne de France.

La compagnie était redevable de cette importante concession à l’influence que du Casse avait su acquérir au ministère de la marine. Aussi le choisit-elle pour être un de ses directeurs.

Très-peu de temps après sa nomination, du Casse reçut une lettre de Saubusse, son pays natal, l’invitant à venir assister à la naissance d’un neveu et le priant d’en être le parrain. Il se rendit en Béarn et tint sur les fonts baptismaux cet enfant, qui reçut de lui le prénom de Jean.