Pendant son séjour dans cette ville, il reçut la nouvelle du mariage de son filleul et neveu Jean du Casse avec une jeune personne, originaire de Saubusse, Mlle Etiennette de Jordain. Nous parlerons plus loin de cette union.

L’amiral du Casse se contenta d’envoyer ses félicitations par lettre au jeune couple. Il ne pouvait quitter Toulon. Il venait d’être avisé de se tenir prêt à partir au premier jour, pour reprendre la mer.

En effet, au commencement de 1705, Pontchartrain lui écrivit que le roi l’avait désigné pour aller prendre le commandement de plusieurs vaisseaux français et espagnols destinés à escorter une flotte marchande et des galions qui devaient se rendre en Amérique. Il l’engageait, en même temps, à aller à Madrid pour s’entendre avec Philippe V sur toutes les mesures à prendre, en cette circonstance, le priant de lui adresser un rapport sur la situation générale de la marine et du commerce de l’Espagne.


LIVRE VI


De 1705 à 1707.—CADIX.

Armement d’une escadre et appareillage d’une flotte dans le port de Cadix à destination d’Amérique.—Lenteurs des Espagnols; avortement du projet.—Craintes de Pontchartrain.—Du Casse à Madrid.—Destruction de l’escadre de Pointis devant Gibraltar.—Défense de Cadix.—Le conseil des Indes.—Le marquis Amelot.—Les boulets rouges.—Lettre curieuse.—L’archiduc Charles assiége Barcelone.—Le comte de Toulouse appareille.—Susceptibilité orgueilleuse des Espagnols.—Le baron de Lort de Sérignan.—Prise de Barcelone.—Le roi d’Espagne envoie du Casse à Versailles, demander des secours à Louis XIV.—Insuccès militaire de Philippe V.—Ce monarque en Navarre.—Du Casse renvoyé en Espagne pour sauver les débris de la marine de ce pays.—Escadre destinée à ramener les galions.—Décret du roi d’Espagne.—Du Quesne-Monnier.

Du Casse eut un instant l’intention de se rendre à Madrid par terre, afin de passer quelques jours à Bayonne et d’y voir son neveu et filleul, qui venait de se marier. Mais, pressé par son compagnon d’armes, le marquis de Langeron, qui appareillait à bord de l’Entreprenant, il se décida à prendre la voie de mer. Cette détermination plut à Pontchartrain, qui écrivit à ce propos à Langeron, le 18 février 1705:

«Vous m’avez fait beaucoup de plaisir de déterminer M. du Casse à profiter de l’occasion de l’Entreprenant pour se rendre à Alicante, et de là à Madrid. Elle lui épargnera de la fatigue; et le repos qu’il aura dans le vaisseau pourra lui rendre sa guérison facile.»