«Il va trouver Boileau pour lui reprocher sa négligence. Boileau avoue son ignorance, et dit qu’il faut promptement s’informer du maréchal le plus fameux pour ces sortes de forfaits. Ils n’eurent pas le temps de chercher. Dès le soir même, M. de Cavoye raconta au Roi le succès de sa plaisanterie. Un fait pareil, quand il serait véritable, ne ferait aucun tort à leur réputation.»

Autre anecdote:

Un jour, après une marche fort longue, Boileau très-fatigué se jeta sur un lit en arrivant sans vouloir souper. M. de Cavoye, qui le sut, alla le voir après le souper du Roi, et lui dit avec un air consterné qu’il avait à lui apprendre une fâcheuse nouvelle. «Le roi, ajouta-t-il, n’est point content de vous, il a remarqué aujourd’hui une chose qui vous fait grand tort dans son esprit.

—Et quoi donc? s’écria Boileau fort alarmé.

—Je ne puis me résoudre à vous le dire; je ne saurais affliger mes amis.

Boileau insiste. Après l’avoir laissé quelque temps dans l’inquiétude, M. de Cavoye lui dit du ton le plus sérieux:

—Puisqu’il faut vous l’avouer, le Roi a remarqué.... que vous vous teniez tout de travers à cheval.

—Si ce n’est que cela, répondit Boileau, laissez-moi dormir.

Racine et Boileau s’entretenaient un jour avec madame de Maintenon... La conversation tomba d’aventure sur la poésie burlesque qui naguère avait eu tant de vogue. Boileau, qui l’avait peu ménagée dans ses écrits, ne tint pas dans cette circonstance un autre langage:

—Heureusement, dit-il, ce misérable goût est passé et on ne lit plus Scarron même dans les provinces.